Salut, est-ce que tu peux te présenter ?
Un matin, je me suis levé et, dans la nuit, j’avais reçu un message.
« BESOIN D’AIDE, JE SUIS COINCÉ actuellement au Togo et j’ai besoin d’aide urgente pour rentrer, car Sébastien va se faire opérer, Céline est très inquiète. »
C’est malin, mon meilleur pote s’appelle Sébastien. D’ailleurs, c’est un prénom vachement commun pour ma génération, de grandes chances que l’on en ait un dans son entourage. Pareil pour Céline.
J’allais répondre, au tac au tac, mal réveillé et n’ayant pas encore eu ma dose de caféine.
Puis je me suis souvenu des conseils avisés de Métabrouteur :
« Ne pas répondre immédiatement au brouteur, tu te dois. »
Salut, est-ce que tu peux te présenter ?
Salut ! Je m’appelle David, j’ai 47 ans. Je travaille dans le secteur de l’aéronautique. Je tiens les comptes @metabrouteur sur les réseaux sociaux (X, Facebook et Instagram), sur lesquels je raconte mes histoires de croque-escrocs avec les brouteurs depuis 2020. Mais, en réalité, je fais ça depuis fin 2012. Bref : je les fais tourner en bourrique dans des scripts de mon cru, pour mon plus grand plaisir et celui de mes lecteurs.
Ça veut dire quoi un brouteur ?
Sur le Petit Robert, premier dictionnaire qui a introduit ce terme dans le contexte des arnaques, on lit : « escroc qui piège ses victimes sur Internet ». Cette définition est très généraliste. Je préfère l’attribuer à l’anglicisme « scammer » (escroc en anglais), très utilisé pour toutes les arnaques venant d’Internet.
Le mot « brouteur » nous vient de Côte d’Ivoire. Il désigne là-bas une personne qui, tel le mouton, va manger sans rien faire. Et c’était bien là l’objectif des escrocs de Côte d’Ivoire : mener la vie « facile » en escroquant des gens. On sait moins que, depuis déjà longtemps, les arnaqueurs ivoiriens se nomment entre eux « barasseurs » : les bosseurs en nouchi, une sorte de patois/argot local.
Par facilité, j’étends cette définition aux escrocs de cette partie de l’Afrique de l’Ouest, où l’on retrouve notamment le Bénin, le Ghana et le Nigéria. Ce sont les pays les plus actifs. D’ailleurs, les escrocs du Nigéria sont nommés les « Yahoo Boys ». Tout a commencé chez eux.
Comment t’est venue l’idée de te dire : « Tiens, il faut que je troll les brouteurs » ?
En 2012, on m’avait fait découvrir une vidéo sur YouTube dans laquelle le vidéaste montrait comment il trollait les brouteurs. Je découvrais en même temps les brouteurs et les croque-escrocs. Une connexion s’était faite dans ma tête : j’avais déjà entendu parler de l’arnaque à la nigériane, où l’escroc joue à la fois un donateur et un notaire. J’étais admiratif de ce script d’escroquerie où le brouteur interprète plusieurs rôles, chacun validant l’autre. C’était du jeu de rôle, en fait. Moi aussi, je voulais faire du jeu de rôle. J’adorais ça. J’entrevoyais l’énorme champ des possibilités, des canulars invraisemblables que je pouvais inventer, dans lesquels, moi aussi, j’interpréterais plusieurs rôles dans un jeu de dupes jubilatoire.
D’ailleurs, c’est quoi le profil type d’un brouteur et pourquoi font-ils ça ?
En Côte d’Ivoire, les brouteurs sont jeunes, de 15 à 35 ans. Ils font ça pour l’argent. Certains sont des jeunes qui essayent d’imiter leurs aînés, modèles de réussite dans le « bara » (= boulot/arnaque dans ce contexte). D’autres seront les « petits », servant de rabatteurs de victimes, travaillant pour un « vieux père », en quelque sorte l’aîné qui a l’expérience et qui gère un groupe d’escrocs. Je me méfie surtout des loups solitaires : ceux-là ont fait de l’arnaque une profession.
Tout ça se passe le plus souvent sur des smartphones. Elle est loin, l’image d’Épinal des cybercafés (ils s’en servent encore, mais marginalement).

Est-ce que tu te poses des limites quant aux sujets que tu abordes, ou y a-t-il des brouteurs que tu refuses de troll ?
Très vaste sujet ! Je questionne mon activité tous les jours. Les curseurs sont en perpétuel mouvement. J’ai vu des croquages excellents d’un point de vue « ingénierie sociale », mais qui partent vers l’humiliation.
Je m’efforce d’être dans la créativité et pas dans la surenchère. Généralement, je n’affiche pas les brouteurs. Je ne suis pas dans la posture d’un justicier. Si je me croyais du côté du « Bien », je n’aurais pas de limite. Je ne remettrais jamais en cause ce que je fais. Je serais le gentil, et les brouteurs les méchants. C’est beaucoup plus nuancé que ça. Je préfère penser que ce que je fais est et sera toujours un peu sale, et faire en sorte que ça le soit le moins possible.
Il y a des brouteurs avec qui je ne m’amuse pas. Surtout ceux qui viennent d’Asie : il y a là-bas un phénomène mafieux qui pratique une forme d’esclavage pour forcer des gens à escroquer dans des fermes à escroquer. C’est hallucinant. Un point commun à toutes ces arnaques venant d’Asie : la cryptomonnaie.
Je n’ai pas de preuves, mais j’ai l’impression que ce phénomène existe également au Nigéria, lorsque, par exemple, on a affaire à un faux Elon Musk qui va proposer des investissements en cryptomonnaie.
Bref : cryptomonnaie = pas de troll.
As-tu déjà rencontré des cas particulièrement inquiétants ? Que faire dans ce cas-là ?
J’ai régulièrement des témoignages de proches de victimes sous emprise. C’est très compliqué. Souvent, on vient me contacter pour me demander de trouver des preuves à mettre sous le nez de la victime. Il est compliqué de faire admettre aux proches que ça ne fonctionne pas comme ça, et que ça peut même avoir un aspect délétère.
Si on est dans un stade peu avancé, et que le proche de la victime qui m’a contacté n’est pas entré en conflit à force de vouloir démontrer à la victime qu’on la leurre, je propose d’inviter la victime à questionner sa relation. On peut anticiper les coups de l’escroc, demander à la victime de poser des limites : « Et si, après-demain, à votre rendez-vous, il n’est toujours pas là et t’appelle pour te dire qu’il a eu un problème et te demande de l’argent, que feras-tu ? » « À partir de combien d’argent envoyé estimes-tu la limite raisonnable dépassée ? » On peut également, non pas parler de la relation de la victime avec son brouteur, mais d’une autre personne ; utiliser la 3e personne. « Que conseillerais-tu à cette personne qui a déjà envoyé des milliers d’euros et qui te demande de lui prêter de l’argent, car son contact sur Internet lui a proposé un super plan d’investissement ? »
Tout ceci ne sont pas des astuces qui marchent souvent. Il faut comprendre qu’on ne peut pas forcer quelqu’un à décroire. La démarche doit venir de la victime seule. L’idée, dans un premier temps, est de lui planter la graine.
Je dirige souvent les victimes et proches de victimes d’emprise vers cette association, qui reste à ce jour la meilleure réponse : Arnaque moi si tu peux
Ton activité est une forme de prévention humoristique, au final ? Penses-tu que nous devons changer notre manière de faire de la prévention ?
Ce n’était absolument pas le but à l’origine. Je m’étais mis sur les réseaux sociaux pour faire découvrir mes histoires, en espérant intéresser un éditeur. Ça, c’est fait !
Ce sont mes lecteurs qui m’ont fait prendre conscience du potentiel, en termes de sensibilisation, de mes canulars. Alors je joue le jeu. Mais ça doit être avant tout un amusement pour moi. La sensibilisation, même si elle est plus importante, vient au second plan. On rit d’abord, on en comprend les rouages ensuite.
C’est peut-être ce qu’on doit faire avant tout quand on veut faire de la prévention : chercher la viralité. C’est putassier, mais entre un message limpide et sobre vu 1 000 fois, et un canular un peu « gras » vu 100 000 fois, qui montre en arrière-plan un message important…
Il y a un autre aspect auquel je réfléchis beaucoup en ce moment. Ayant eu l’occasion de parler dans quelques médias, on me demande souvent des conseils faciles à comprendre. On veut me faire dire des évidences en les faisant passer pour des conseils. « Métabrouteur, vous confirmez : il ne faut jamais donner de l’argent à quelqu’un que vous n’avez rencontré que sur Internet ? » Posez la question sous la forme d’un sondage : 99,8 % des personnes interrogées vous répondront qu’elles sont d’accord (les 0,2 % restants aussi, mais ils se sont trompés de case). Et, parmi ceux qui ont répondu, certains enverront de l’argent à un inconnu sur Internet… On leur a dit pourtant qu’il fallait être vigilants. Et ils étaient d’accord.
Il se trouve que ça ne marche pas comme ça. Quand l’arnaque, la manipulation mentale, l’influence se produisent, on n’est pas dans un état habituel. Le manipulateur y veille.
Quand je prends l’A13, le péage est en flux libre. Le paiement se fait dans les 72 heures sur Internet. On nous le rappelle tous les 2 kilomètres : « N’oubliez pas de payer. Vous avez 72 heures. » Et je me dis : « Ah oui, je ne dois pas oublier. »
Et quand j’arrive en Normandie, on sort la valise, on s’occupe des enfants, on va jouer dans le sable, puis on va manger… J’ai oublié de payer. Ce n’était pas quand je conduisais qu’il fallait me rappeler sans cesse de payer le péage. C’était après.
Pour les arnaques, c’est pareil.
Pire : quand la victime a été trompée, alors qu’on l’a assez avertie comme ça, ce serait de sa faute…
Je fais régulièrement des appels à l’humilité qui ne passent pas toujours bien. Et pourtant, cela me paraît essentiel. Se tromper, c’est normal. Être trompé, ce n’est pas notre faute.
Quel regard portes-tu, de manière générale, sur la prévention faite sur les réseaux sociaux ? Est-elle adaptée pour éviter de se faire brouter ?
Je trouve que la prévention citoyenne que l’on trouve sur les réseaux sociaux est meilleure que celle des autorités. Au jour où j’écris ces lignes, les deux dernières vidéos de prévention de la Police nationale sur les arnaques m’ont déçu.
Je pense également que cette prévention doit sortir des réseaux sociaux. Mon livre « Coucou bonjour ! » est un peu fait pour ça : avoir les codes du broutage. En effet, les réseaux sociaux, ce n’est pas que Twitter ou Instagram. Un jeu de Scrabble où l’on peut échanger avec ses adversaires peut en devenir un (j’ai eu deux cas de victimes qui se sont fait hameçonner ainsi).
Quel est le profil type des personnes se faisant arnaquer ?
Dans le grand monde des arnaques, tout confondu, il n’y en a pas. Âge, genre, milieu socioculturel, QI… rien ne semble se démarquer.
Évidemment, certaines arnaques, dont celles des brouteurs, ont leur cible. L’arnaque aux sentiments, ce sera plutôt des femmes mûres. Mais des hommes se font avoir également, en ajoutant parfois un peu d’appel à la libido. La sextorsion (consistant à faire du chantage à base de photos ou vidéos intimes) touche plutôt les jeunes hommes. Les escroqueries invitant à investir dans la cryptomonnaie, ce sera plus souvent des gens avec un certain niveau d’études, sûrs d’eux dans leur capacité d’analyse.
D’après toi, sociologiquement parlant, comment peut-on analyser ce phénomène ?
C’est très complexe. Je vais évoquer deux dimensions (il y en a d’autres).
La première est que d’un pays à l’autre, les pratiques sont différentes. C’est même parfois très marqués. Il y a comme une évolution naturelle de l’escroquerie. Ainsi, pour parler de deux pays francophones où les escrocs y sont très actifs, en Côte d’Ivoire on aura surtout l’arnaque aux sentiments, l’arnaque à l’usurpation de vedettes (ils se font passés pour des chanteur comme Patrick Bruel ou David Halliday par exemple), et la sextorsion. Au Bénin les escrocs pratiquent des arnaques plus procédurières comme l’arnaque à la location, la petite annonce, au prêt bancaire, au don d’animaux, et bien sûr la fameuse arnaque à la Nigériane. Ils font également l’arnaque à la voyance (c’est comme du marabout, mais avec des codes plus occidentaux) et l’arnaque à l’escort (ils se font passer pour des prostituées, payable d’avance par coupon recharge).
L’autre dimension est… la pensée magique. Il y a en Afrique de l’ouest une très forte croyance en la magie, Dieu, et le Karma. Lorsqu’ils ont hameçonné une victime ils lui demandent rapidement une photo récente, sa localisation, son nom. Normal quand on veut faire connaissance. Sauf que ça peut servir éventuellement pour faire un sortilège d’attachement. Si la victime a des oursins dans les poches, on peut aller voir un féticheur avec la photo et les renseignement. Ce dernier va lier deux petites figurines difformes représentant le brouteur et la victime. C’est sensé créer une emprise magique. Un jeune ivoirien ( qui n’est pas un brouteur) qui y croit avec force m’a rétorqué « Bien sûr que c’est vrai. Comment expliques tu que des gens envoient des milliers d’euros à des gens qu’ils n’ont jamais vu ? »
Est-ce que les réseaux sociaux facilitent aujourd’hui le travail des brouteurs ? Si oui, lesquels sont les plus touchés ?
Internet a tout accéléré. Puis sont arrivés les réseaux sociaux.
Les brouteurs sont partout. Légion sur Instagram et Facebook. Beaucoup d’arnaques à l’escorte sur X (plus permissif sur l’affichage et les sollicitations sexuelles). On en trouve sur LinkedIn. Et si je vous disais que, sur les jeux de Scrabble, j’ai eu des victimes qui y ont été hameçonnées ?
À quel moment une victime commence-t-elle généralement à avoir des doutes ?
Je pense que c’est très variable. Pour parler de l’arnaque aux sentiments, j’ai eu des témoignages de personnes qui ont compris dès la première demande d’argent. Mais on a des cas extrêmes. J’ai eu le témoignage d’un jeune homme malentendant voulant aider son amie sourde, qui était sous l’emprise d’un brouteur. Elle s’est ruinée, surendettée, et bien que mise sous curatelle, elle se prostituait pour subvenir aux besoins du brouteur.
Quelles sont les techniques psychologiques les plus utilisées par les brouteurs pour manipuler leurs victimes ?
Tout dépend de l’arnaque. Sans s’en rendre compte ils utilisent des biais avec habileté. Pour rester dans le cas de l’arnaque aux sentiments, ils utilisent le biais d’engagement. Un brouteur expérimenté et adroit prendra son temps. Ils appellent ça la mise en confiance.
Ils aiment faire culpabiliser pour que la victime craque. « Comprends moi » est une expression très récurrente. C’est à la victime de comprendre son problème imaginaire (ils jouent un rôle). Si elle ne le comprend pas , c’est qu’elle ne fait pas d’effort. C’est à elle de se remettre en question.
Est-ce que l’IA change la manière dont les arnaques sont menées aujourd’hui ?
Les brouteurs s’y mettent. Personnellement, je ne crois pas que ça sera déterminant dans l’adhésion des victimes potentielles au script des arnaques. Je sais que ça peut paraître contre-intuitif, mais je pense que ça dépend avant tout du contexte, des croyances, des espoirs, des attentes, des besoins. L’IA servira à être plus créatif, à proposer plus de choses, à être plus efficace aussi : les brouteurs utilisant des textes prêts à copier-coller pour leurs échanges avec leurs victimes utilisent de plus en plus l’IA conversationnelle à la place.
Est-ce que tu échanges parfois avec d’anciennes victimes pour comprendre leur parcours ?
Oui comme j’en ai parlé. Je m’intéresse plus à avant l’arnaque.
Quelles sont les arnaques les plus fréquentes en ce moment ?
Je crois que j’ai cité celles de mes brouteurs. Je rajouterai pour les brouteurs d’Asie le Pig Butchering (dépeçage du cochon) proposant des investissements à la crypto mêlé à une romance avec une sino anglaise, et l’arnaque à la tâche où l’on propose un petit travail à base de like de pages web. Puis pour travailler plus il faut débloquer des paliers, payer, puis payer à nouveau dans un cycle sans fin… Enfin, l’arnaque bien de chez nous : celle du faux conseiller bancaire.
Est-ce que l’IA change la manière dont les arnaques sont menées aujourd’hui ?
Les brouteurs s’y mettent. Personnellement, je ne crois pas que ça sera déterminant dans l’adhésion des victimes potentielles au script des arnaques. Je sais que ça peut paraître contre-intuitif, mais je pense que ça dépend avant tout du contexte, des croyances, des espoirs, des attentes, des besoins. L’IA servira à être plus créatif, à proposer plus de choses, à être plus efficace aussi : les brouteurs utilisant des textes prêts à copier-coller pour leurs échanges avec leurs victimes utilisent de plus en plus l’IA conversationnelle à la place.
Y a-t-il des signes qui doivent immédiatement alerter lorsqu’on échange en ligne avec quelqu’un ?
Quel conseil simple donnerais-tu à quelqu’un pour éviter de tomber dans ce type d’arnaque ?
Mon livre « Coucou Bonjour ! » permet de s’approprier un petit peu les codes qui peuvent nous alerter. Celui qui est le plus simple est : si on vous parle de recharges PCS, Transcash, Neosurf, iTunes, Steam, Amazon… FUYEZ !
Comme je l’ai évoqué, il est difficile de donner un conseil universel. Celui que je donnerais ne vous permettra peut-être pas d’éviter les arnaques, mais de mieux les appréhender : SOYEZ HUMBLE ! Personne n’est immunisé. Je me suis déjà fait arnaquer (pas par des brouteurs), et je sais que ça peut se reproduire. Soyons à l’écoute des victimes. Ne nous moquons pas d’elles, même si l’arnaque nous semble absurde. On a besoin de leurs témoignages. On a besoin d’être solidaires. On a besoin d’envoyer comme signal aux prochaines victimes qu’elles seront écoutées. Et ça sera peut-être votre maman, votre ami, VOUS !
Est-ce que certains brouteurs finissent parfois par reconnaître leurs méthodes ou exprimer des regrets ? Comment vois-tu évoluer ce phénomène dans les prochaines années ?
Les escrocs rationalisent beaucoup leurs méfaits. Ils se construisent des arguments ad hoc permettant d’alléger leur conscience. Oui, certains brouteurs s’expriment. Vous trouverez un échange à cœur ouvert avec l’un d’entre eux dans mon livre.
Je ne sais pas comment cela va évoluer. Je ne peux qu’observer les changements présents, comme l’utilisation de l’IA, mais aussi l’invasion des escrocs du Nigéria venant marcher sur les plates-bandes des brouteurs ivoiriens.
Est-ce que la solitude et l’isolement social jouent un rôle important dans ces arnaques ?
Pour l’arnaque aux sentiments, j’en suis certain. Le handicap également.
Pourquoi les arnaques sentimentales fonctionnent-elles aussi bien, même chez des personnes méfiantes ?
La confiance est la base de toute société. Ça serait invivable de se méfier de tout, tout le temps. Si le contexte s’y prête, une personne d’un naturel méfiant, avec du caractère et un certain niveau d’instruction, peut se faire avoir. Là où l’on est intransigeant à tort, c’est que, pour beaucoup d’entre nous, ce n’est pas le cas actuellement, car l’arnaque aux sentiments ne viendra pas combler une attente. Ce qui nous rend peu aptes à l’empathie. Mais demain, qui serons-nous ?
Si tu pouvais faire passer un seul message au grand public concernant les brouteurs, ce serait lequel ?
En lisant mes échanges (drôles ?) avec les brouteurs, on pourrait penser qu’ils sont bien idiots de tomber dans mes pièges. Pourtant, certains brouteurs sont très habiles. Mes histoires montrent l’inverse, en réalité : en utilisant les mêmes stratagèmes qu’eux, on peut manipuler des manipulateurs. Personne n’est immunisé.
Merci à Metabrouteur de nous avoir accordé de son temps pour cette interview.
Son travail est salutaire : grâce à une forme de prévention parfois « drôle », il permet d’alerter le public sur ces pratiques et sur ce qui se cache derrière elles.
Mathieu
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Son livre Coucou bonjour
Une Notes de lecture /Coucou Bonjour par l’AFIS (Association Française pour l’Information Scientifique)







